mardi 18 octobre 2022

Atelier Théâtre Alcyon

Vers les Étoiles
de Léonid Andeïev

En octobre, novembre, décembre 2022, nous partirons à la découverte de cet auteur hors du commun en nous concentrant sur une de ses pièces de théâtre : « Vers les Étoiles ». A partir de Janvier 2023 nous concrétiserons le projet et distribuerons les rôles pour être en capacité de le présenter et le diffuser en juin et septembre 2023 au Fort de Chaudanne à Besançon.


L’Atelier s’adresse à tous, jeunes (à partir de 16 ans) et moins jeunes, professionnels ou amateurs. L’Atelier se déroule tous les lundis de 20h à 22h30 et comprend à partir de janvier un week-end par mois. Participation à l’Atelier: 40 € / mois (25 € tarif réduit) et une cotisation annuelle de 25 €

Léonid Andeïev
Le théâtre n’est pas seulement un divertissement, c’est en même temps un plaisir et un extraordinaire outil de connaissance… Nous avons ici l’ambition de faire découvrir à un large public un auteur presque inconnu, même des théâtreux contemporains : Léonid Andréïev

Andreïev (1871-1919) est le grand oublié de la littérature russe du début du XXe siècle. La critique portait alors ses nouvelles aux nues, beaucoup les considérant comme supérieures à celles de Tchekhov. Gorki, qui fut son rival et son ami, écrit : « Andreïev était possédé par le talent. Viscéralement. Son intuition était d'une finesse inouïe. Pour tout ce qui touche aux contradictions de l'âme humaine, aux fermentations de l'instinct, il était d'une effrayante perspicacité.»
Son œuvre a sombré dans l'oubli peu après 1917. Andreïev pourtant avait adhéré avec enthousiasme aux idées socialistes, même si ses écrits, transfigurés par un génie étrangement pessimiste, célèbrent fort peu les lendemains qui chantent. Ses nouvelles comme son théâtre se tiennent à l'écart du réalisme et du symbolisme à la mode. On pourrait le situer sur une ligne mal définie, quelque part entre Strindberg et Kafka.
A le lire aujourd'hui, on est frappé par sa modernité. Ce que résume le critique S. Persky, qui fut aussi son traducteur : « Andreïev est en quelque sorte le fils spirituel de Tchekhov. Mais c'est un fils chez qui l'humour un peu triste s'est transformé en ironie tragique.» La course du monde depuis 1919 ne donnant pas beaucoup de raisons de se réjouir, il est peut-être temps de redécouvrir Andreïev pour s'apercevoir qu'il nous est mieux que jamais contemporain.

Extrait de Vers les Étoiles :
Aujourd’hui, j’ai peur des étoiles. Je me dis: comme elles sont gigantesques, comme elles sont indifférentes, et comme elles n’ont rien à faire de moi, et je deviens tellement petit, tellement pitoyable, comme vous savez, une espèce de poussin qui se cache, il ne sait où, qui reste là et ne comprends rien. Le duvet vole, les vitres se cassent, et lui, il se cache. A quoi pense-t-il ? A rien. Il pense qu’il neige.

dimanche 18 septembre 2022

Dr Jerry & Mister Love

Une comédie d'après le film de Jerry Lewis.

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Crédits photos : Yves Petit.



Adapter un film au théâtre peut paraître étrange. Déjà par le passé, avec Hitchcock et John Ford, nous avons joué ce jeu et ce fut un véritable plaisir. Bien que comédie loufoque, le film de Jerry Lewis est chargé de questions philosophiques, scientifiques, éthiques même. Avant d’être un objet de distraction, une adaptation au théâtre peut être aussi une manière de découverte, de questionnement.

Par son titre même, Dr. Jerry et Mister Love, fait penser à Dr. Jekyll et Mr. Hyde : le bien, le mal, la dualité, le refus du réel. Dans les deux cas nous avons affaire à un dédoublement hoffmanien de la personnalité. Autrefois nous avons adapté au théâtre un récit fantastique de l’auteur allemand E.T.A. Hoffmann. Princesse Brambilla traite avec humour du « dualisme chronique », une « maladie de l’esprit ». Le comédien Giglio Fava confond sa personne et son personnage, le théâtre et la vie... Vaste sujet.

Bien d’autres œuvres touchent à ces questions, notamment Faust de Goethe qui s’interroge sur sa science mais surtout sur sa vie, sa capacité à vivre, à aimer. Il bascule dans le compromis social avec le diable Méphistophélès, le maître des apparences, des petits arrangements. Don Juan n’est pas loin également. Mais avec Jerry Lewis le sujet éclate en une fable qui se permet tout, échevelée, humoristique, caustique, libertaire.

Adaptation, mise en scène : Patrick Melior et Jean-Pierre Bolard
Direction musicale : Marie-Alice Ottmann
Régie générale : Jean-Luc Jolidon et Laurent Biichle

Avec : Laurent BIICHLE, Rose GUTIERREZ, Jean-Pierre BOLARD, Hermine DAVID, Marie-Alice OTTMANN, Michèle LAUTREY.