Ateliers et stages

La chaise de Vangog

Alcyon est un lieu d'apprentissage du théâtre, ouvert à tous, « sans frontière », encadré par des professionnels. Approfondir les pratiques de l’acteur, découvrir des auteurs, des formes artistiques, mettre en avant l’imagination, la sensibilité, voilà notre ambition. Que ce soit pour certains une découverte, pour d’autres une expérience de plus, il est important de considérer ce travail comme ayant une réelle dimension artistique. Il s’agit d’aller au-delà de ce que l’on se croyait capable.

La beauté d’un geste.

Le théâtre, c’est quoi ? Peut-on le dire ? Chaque année en début de saison on se pose un peu plus la question et on finit par croire que l’on sait y répondre…

L’acteur est celui qui s’étonne de tout, celui pour qui tout est sujet d’émerveillement. S’initier au théâtre c’est donc apprendre à s’émerveiller, à ne rien voir qui ne soit extraordinaire, même l’ordinaire, le commun. Une vie minuscule devient au théâtre question posée à l’humanité entière, interrogation ontologique.

Développer sa capacité d’émerveillement, voici l’objet de l’apprentissage de l’art théâtral. Si bien sûr les métiers du théâtre ancrent leurs actions dans un savoir, des techniques, une histoire, l’acte artistique est un événement ductile, presque hasardeux, inconscient parfois. Il s’agit moins d’appliquer mécaniquement des savoir-faire que de se préparer « au miracle », de saisir au vol une beauté qui passe, d’apprendre à voir l’invisible, de dire l’ineffable, d’être prêt à recevoir la grâce d’un moment privilégié.

Au théâtre le geste est libre lorsqu’il est créé, mais la parole est féconde lorsqu’elle éclate comme un cri d’enfant. La naïveté se mélange subtilement à l’expérience. Le corps en mouvement met en jeu une pensée vagabonde qui échappe au présupposé de l’homme assis, au confort de celui qui sait tout.

La beauté ce n’est pas à 20h30, elle ne s’enferme pas dans un théâtre, n’a pas besoin d’accessoires, elle ignore les préjugés. Voilà pourquoi l’art théâtral échappe à l’entendement de nos communicants. L’art n’est jamais où l’on croit. L’évènement est ailleurs. Il se cache. C’est un secret. Il faut le dénicher.

Vous imaginez quelle joie de trouver dans les interstices d’un être sans nom, une matière véritablement humaine, la beauté d’un geste.

PM

samedi 6 juillet 2013

Merci Monsieur Hitchcock

2013. Deux films de Hitchcock adaptés au théâtre :

Mais qui a tué Harry ?

La Corde


Cliquez pour agrandir :

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Retour au théâtre.

Depuis quelques années nous "nous amusons" à penser le théâtre, à le créer, à partir de films marquants du XXe siècle. En 2010 nous avons présenté une adaptation de "La Chevauchée Fantastique" de John Ford. La nécessaire traduction de l'image cinématographique en langage théâtral est un exercice passionnant de transpositions, de jeu avec les conventions. L'association de formes à priori "inadéquates" devient sujet de constructions ironiques, de plaisirs intempestifs. L'imagination s'en trouve décuplée, sublimée.

lundi 1 août 2011

La Chevauchée Fantastique

2012. Le film de John Ford adapté au théâtre.


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Une recherche théâtrale sur le western paraît une véritable gageure. L’univers du western n’est-il pas extrêmement physique, fait de mouvement, de déplacements dans de grands espaces, de poursuites frénétiques, de symbiose entre l’homme et le cheval ?

Le pari que nous faisons est fondé sur l’extraordinaire intelligence du théâtre à saisir le monde selon toute une gamme possible de "transpositions". L’essentiel du western n’est pas ici dans le décor, les vastes paysages, le ranch et son corral, la grand’rue ou le saloon, mais dans leur évocation signifiante et poétique. Le scénario de La Chevauchée Fantastique de John Ford est pour nous une "conduite". Elle nous a aidés à passer du cinéma au théâtre, d'une écriture à l'autre.

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...Et rappelle-toi ceci : une bonne affaire pour la banque est une bonne affaire pour le pays. L'argent fait marcher le monde, mon ami. Un homme d'affaires ne peut gagner d'argent que s'il y en a beaucoup en circulation. Nous sommes séparés du monde dans cette ville perdue. Là où on peut faire de l'argent, c'est dans l'Est, dans les grandes villes. Ce qui est heureux pour la banque est heureux pour le pays.

GATEWOOD, Extrait de La Chevauchée Fantastique.

dimanche 1 août 2010

Les Oiseaux d'Aristophane

2010. Aristophane.


Trois Athéniens quittent leur ville accompagnés d'un esclave. Ils n'en peuvent plus des politiciens manipulateurs, menteurs, des réformateurs démagogues, des trafiquants, des oracles, des poètes de pacotille, des inspecteurs délateurs, des mouchards en tout genre... Ils cherchent un autre monde. Entre ciel et terre il y a le royaume des oiseaux. Ils vont y fonder une ville, Coucouville-les-Nués, utopie d'un monde libéré des contraintes mercantiles.

Aristophane, c'est la liberté !

Ce vieux réactionnaire, souvent de mauvaise foi, propose des textes qui, pour être respectés, doivent être irrespectueux. S'il y a 30 ans, Aristophane collait parfaitement à la pensée libertaire, aujourd'hui il dit autre chose... On le lit en pensant écologie par exemple, et pourquoi pas ?

jeudi 1 janvier 2009

Gargantua

2009, Rabelais


Alors que l'on se croit émancipé, libre de nos pensées, de notre langage, aujourd'hui la lecture de Rabelais nous fait réaliser le contraire. Nous sommes à une époque prude, prudente, normative et c'est un curé du moyen-âge qui nous l'apprend. Il nous apprend à ne pas confondre le corps et la vulgarité, la pensée et le concept publicitaire, la sensualité et la pornographie marchande. Certes Rabelais ne fait pas dans la demi-mesure. L'excès doit y être compris non comme une entreprise de séduction pour esprits graveleux, mais comme une sorte d'antidote à l'intelligence programmée, à l'hypocrisie sociale, au cynisme politique. L'humour, le comique chez Rabelais n'a rien à voir avec la dérision, la destruction, mais au contraire a pour rôle de redonner de la santé, donc de la vie. Après tout Rabelais était aussi médecin.

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mardi 1 janvier 2008

Fahrenheit 451

2008, Ray Bradbury


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451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume.

Dans une société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.

Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.



Je n'étais encore qu'un gamin quand mon grand-père est mort. Il était sculpteur. Il nous fabriquait des jouets. Il a fait un million de choses au cours de son existence. Ses mains étaient toujours occupées. Quand il est mort ce n'était pas lui que je pleurais, mais les choses qu'il ne ferait plus. J'ai pleuré parce qu'il ne les referait jamais. Souvent je me dis : quelles merveilleuses sculptures n'ont jamais vu le jour parce qu'il est mort ! Si vous souleviez mon crâne dans les circonvolutions de mon cerveau vous trouveriez l'empreinte de ses pouces.

Extrait de Fahrenheit 451


Faut-t-il brûler les livres…et les théâtres ?

J’ai longtemps cru au pouvoir des mots, de l’écriture, de la lettre, du pamphlet, du livre. J’ai cru que le mot avait un pouvoir absolu, un pouvoir de séduction, un pouvoir de conviction, que rien ne pouvait résister au style, au talent de l’auteur. Je sais, je crois savoir aujourd’hui, qu’il n’en est rien, que les mots ont surtout le pouvoir de cacher, de se substituer aux actes, de tromper. A moins qu’il ne faille réapprendre à lire.

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