La Divine Comédie

D'après Dante

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Comme tout monument consacré, la Divine Comédie pose problème. Faut-il l'interpréter librement, l'adapter, la lire, l'étudier scrupuleusement ? Pour nous la réponse est de considérer cette œuvre comme matière, construction de l'imagination. Nous ne voulons être ni spécialiste, ni opportuniste, seulement passeur. Le théâtre, en tant que champ d'expériences, nous le permet. C'est là où la liberté de création épouse la responsabilité de l'artiste : faire de l'œuvre un monument d'enthousiasme.

2009, Une journée en Enfer... au Purgatoire, au Paradis

Saline Royale d'Arc-et-Senans

Il est proposé un voyage au cœur de la Divine Comédie de Dante. Durant quelques heures la Saline d'Arc-et-Senans devient l'espace d'une initiation à une œuvre réputée difficile mais que le Théâtre Alcyon et le metteur en scène Patrick Melior rendent accessible à tout esprit curieux. Cette journée comporte des lectures de la Divine Comédie, des séquences de mises en jeu théâtrales, des présentations de peintres ayant illustré la Divine Comédie, des photos et un film inspirés de Dante. En soirée sont proposés une réflexion et un débat.

Une journée avec... propose de faire découvrir des œuvres à travers l'expérience du théâtre. Cette manifestation, organisée par le Théâtre Alcyon, cherche à établir de nouvelles relations avec le public, à approfondir avec lui des textes que la mise en spectacle ne suffit pas toujours à faire comprendre et aimer.

2008, 33 minutes avec Dante !

Avignon, Théâtre du Funambule

Chaque jour à 10h rencontre avec Patrick Melior sur un thème particulier concernant La Divine Comédie. Des fragments de films, des lectures accompagnent nos réflexions. De courts extraits, lus par Annie Blazy, visent à faire découvrir une œuvre dont le secret est la simplicité.

2005, L'âme, un film du Théâtre Alcyon :



1997, Lecture de La Divine Comédie
et Colloque sur « Dante et ses illustrateurs »

Musée de Pau



Au fort du Mont-Bart





Au château de Montfaucon



1994, La Commedia

Au château de Montfaucon et au fort du Mont-Bart

Rencontre entre un fou de Dante et une région soucieuse de fortifier son patrimoine. Décor grandiose, comédiens de talent, metteur en scène passionné servent merveilleusement l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis.

Marie-Thérèse Renaud-Simon
L'Est magazine, 3 juillet 1994


On se réveille le lendemain, et on se demande si on a pas rêvé...un autre « songe d'une nuit d'été ».

L'Est républicain, 8 juillet 1994


Voyage entre terre et ciel, enfer et paradis, rêve et réalité...Qui a vu La Commedia ne pourra jamais plus visiter le Fort du Mont-Bart sans penser à Dante.

L'Est Montbéliard, 20 juillet 1994


Une écriture de la Divine Comédie pour le Théâtre.

Présenter la Divine Comédie au théâtre est un défi. Tout ce qui touche au Poème Sacré est un défi. Sa lecture même en est un...L'oeuvre nous résiste, exige de nous. Prendre ce risque, voilà qui nous évitera peut-être "l'enfer des lâches qui vécurent sans vice et sans vertu".

Le théâtre ne peut tout résoudre. Rien ne pourra jamais remplacer la lecture du poème dans sa langue, sans intermédiaire, suivant le rythme et l'imagination du lecteur. Mais le théâtre peut être moyen d'initiation. Pour nous atteindre les idées ont besoin d'un espace, les images d'une épaisseur. Dante lui-même donne l'exemple, il se met en scène. Voulant réveiller la conscience de ses contemporains, il s'invente une expérience personnelle. Il s'adresse aux hommes en décrivant des espaces qui frapperont leur imagination, leur sensibilité. Il les invite à le suivre dans un monde ordonné, à la fois abstrait, chargé de signes et de symboles, mais aussi criant de vérités. Entre règle et émotion réside la théâtralité du poème.

La Divine Comédie dit comment "on s'invente une vie", une Vita Nova, lorsque l'on a, comme Dante, vécu "exilé de l'amour" et pressenti ce qu'aimer veut dire. Dante ne vivra l'amour qu'à travers un souvenir. S'il le réalise ce ne sera que dans la maturité d'une écriture savante et désespérée. La beauté rédemptrice de la Divine Comédie tient à ce désespoir, à l'inaccomplissement devenu tragédie intime. Dante exilé de la vie fait un rêve divin. Mais que pense-t-il du dernier regard de Béatrice ? Elle, si lointaine...Paolo et Francesca sont en enfer, Dante sera sauvé, mais eux se sont aimés alors que lui n'a pas obtenu l'amour de Béatrice. Les deux réprouvés sont ensemble, ils tournent dans le noir sans espérance, mais ils sont ensemble. Il est un Enfer au Paradis et un Paradis en Enfer.

La Divine Comédie est "tragédie intime" mais aussi "tragédie poétique". A Dante manque la matière pour exprimer l'immatériel. La beauté de son Paradis naît de cette impossibilité à le décrire. Le Paradis ne peut être qu'un souvenir...oublié, un poème...sans mot. La forme se perd en devenant sublime. De la Divine Comédie on ne peut donner une représentation réaliste. Pour l'interpréter il faut une image décalée, une image qui surprend comme toute image poétique. Nous devons faire comme si l'immatériel pouvait se dire avec des mots dont le sens serait perturbé, comme si le corps en perdant son centre de gravité devenait esprit. La vision poétique est le seul moyen de confondre l'âme.

Projet de Max Soumagnac

1982, L'Enfer

Création à Paris au Théâtre de la Cité Internationale en 1982 (33 représentations).

Spectacle plus qu'intéressant par tout ce qu'il recèle de foi dans le théâtre, de talent dans la réalisation.

Yves Grosrichard, La Montagne
24 janvier 1982


Des polygones volumineux ne cessent de se disperser et de se rassembler pour offrir aux yeux du spectateur des espaces oniriques.

Anny Goudet, Les Nouvelles littéraires


La mise en scène de Patrick Melior, avec la scénographie de Max Soumagnac, est très impressionnante. Pour ce grand texte, elle joue le jeu de la grandeur. Le dispositif scénique est fait de blocs de pierre titanesques parmi lesquels apparaissent les damnés dans des costumes pleins de fantaisie boschienne. La musique de Jean Catoire aide à comprendre le vrai sens du texte de Dante et met en lumière les aspects les plus profonds de l'interprétation de Patrick Melior.

Béatrice Didier, Revue Europe.


Par une série de visions fantasmagoriques rythmées par une musique envoûtante, nous pénétrons au cœur du royaume des péchés. La Divine Comédie a permis au metteur en scène Patrick Melior de laisser librement s'exprimer son imagination et son talent.

M.H. Gautier, Scène & Coulisses